La vie en vrai

Croquis, partage et spiritualité

C’est la première fois que je vais parler sur mon blog de ma spiritualité. En effet c’est quelque chose que je préfère faire vivre que d’en parler. Mais je me suis dit que cette fois ci cela pourrait intéresser certaines personnes qui comme moi essaient de donner du sens à leur vie. 

Je viens de remettre les pieds en France il y a peu prêt 10 jours. Je viens en effet de vivre une aventure spirituelle et intérieure.

Comme d’autres millions d’êtres humains, nous nous étions données rendez-vous à la Mecque pour « the » pèlerinage.






Répondre à un appel

Dans la tradition musulmane la date de ce rituel est fixée à des jours précis, ce qui explique l’affluence extraordinaire à cette période. Le pèlerinage, le hajj en arabe, rappelle le commandement adressé à Abraham par Dieu :

« Nous avons confié une mission à Abraham et Ismaël : ‘ Purifiez ma maison pour ceux qui accomplissent les circuits ; pour ceux qui s’y retirent pieusement, pour ceux qui s’inclinent et se prosternent’! » (2,125). Fais aux gens une annonce également pour le Hajj. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné, (6,27)

Et c’est ainsi que depuis les temps les plus reculés, les processions rituelles entraînent le pèlerin à faire le tour de la Kaaba, le point gravité de la vie des musulmans du monde entier. C’est vers lui qu’ils se tournent, quel que soit le lieu du globe où ils se trouvent.

 

Oubliez le silence, vous ne serez plus jamais seul pendant le voyage.

Le trafic routier, le bruit des moteurs, le brondissement retentissant des immenses tuyaux de climatisation dans les tunnels, les hommes et femmes, partout à toute heure, dans les rues ou la mosquée sacrée (ou dans les centres commerciaux aguicheurs). Certains mots reviennent inlassablement tous les jours: « sabr, sabr! »( patience, patience!),  » al tariq ya hajj! » (la route oh pèlerin!). Le seul moment de silence est celui de la prière collective où l’ on n’entend plus que les pèlerins qui toussent et de rares oiseaux qui chantent.

 

Prendre la route de La Mecque c’est prendre la route de la transformation intérieure et extérieure.

Ce n’est évidement pas un un parcours de tous repos. Il s’agit plutôt d’un effort profond , d’une concentration du cœur et de l’âme. Celle qui vous fera sortir de votre zone de confort et vous permettra de découvrir  que vos limites sont bien plus loin que vous le pouviez pensé avant. On marche énormément, souvent entre 12 ou 16 km par jour, sans doute un point de commun avec Compostelle. On a mal aux pied, des crampes aux mollets, des ampoules et tout ça au soleil. Mais on surmonte tout cela pour avancer… Comme on avance dans la vie face aux épreuves. Sur notre route on traverse des ponts( autour de Mina), des tunnels, et parfois  on gravit des montagnes( Pour moi c’était l’ascension de la montagne de Hira)

La vue du haut du mont de Hira après 1 heure de montée.
La montée de la montagne de Hira à la Mecque
La descente du Mont Hira à mi-chemin

De mon côté je me suis vraiment découverte. Je m’étais préparée intensément à la station de Mina. Une station où les pèlerins dorment pendant 4 jours dans des tentes dans un confort modeste et surtout – pour moi- dans une hygiène très précaire… Ayant une santé un peu fragile je vous assure que j’appréhendais cette étape. De plus, d’anciens pèlerins m’avait expliqué que la promiscuité et la cohabitation pouvait parfois être difficile dans une tente qui peut contenir entre 40 à 80 personnes. Or en ce qui me concerne cette étape à été ma préférée. Malgré les petits tracas, notre tente ( qui portait le nom de sérénité _ ça ne s’invente pas) était remplies de bienveillance, de fraternité et…de sourires. Cette proximité a permis aux pèlerines de ma tente de faire connaissance de manière approfondie, de resserrer les liens dans les difficulté et d’être liées à jamais dans cette expérience de transformation. Tout le long de ce voyage l’union des cœurs est perceptible, vivant.

On rencontre tous les jours des pèlerins venus des 4 coins du monde: Malaisie,  Bangladesh, Ouganda, Sénégal, Canada, Chine, Afghanistan,( et moi la petite alsaco-lorraine)… Autant de regards, de parcours, d’êtres d’exception avec qui on partage l’espace d’une prière un tapis, une parole, une intention….

 

Se reconnecter au monde

 

C’est dans cette expérience de proximité avec Dieu et les hommes que l’on apprend entre autre à:

  • à méditer
  • de profiter du moment présent,
  • de se contenter de se que l’on a
  • de faire preuve de patience et courage
  • de se rappeler que la vie est courte
  • et du coup se rappeler de notre mort
  • enfin d’être reconnaissant pour tout ce que nous pouvons vivre.


Entre les moments de pure spiritualité et les rencontres humaines j’ai tenu un petit carnet de croquis dont je partage avec vous quelques extraits 

Croquis Attente à l’aéroport. En route pour le pèlerinage à la Mecque
carnet de croquis et d'aquarelle:
Dans la tente à Arafat